Marées, courants et niveaux d'eau
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Observatoire du Saint-Laurent

 

 

Les marées et courants
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Marées, courants et niveaux d'eau Service Hydrographique du Canada

informations générales

PHÉNOMÈNES PARTICULIERS

Table des matières

Les marées et courants de marée
Effets des eaux peu profondes
Généralités
Les mascarets
Les chutes réversibles
Les rides de marée (raz de courant)
Effets non liés à la marée
Les effets des courants de vents, de la pression atmosphérique (Ondes de tempête)
Seiches
Tsunamis
Gel et dégel

EFFETS DES EAUX PEU PROFONDES

Généralités

L’amplitude des marées est généralement beaucoup plus faible en pleine mer que le long des côtes. Cela est dû en partie à l’amplification par réflexion et par résonance. Cependant, c’est plus souvent un effet des petites profondeurs : lorsque l’onde se propage dans les eaux moins profondes, sa célérité diminue et l’énergie emmagasinée entre les crêtes est comprimée sous les effets conjugués d’une plus faible profondeur et d’une longueur d’onde plus courte. La hauteur de la marée et la force du courant de marée doivent donc augmenter en conséquence. Si, de plus, la marée se propage dans un goulet dont la largeur va en diminuant vers la tête, l’énergie de l’onde subit aussi une compression latérale. Cet effet, appelé effet d’entonnoir, provoque aussi un accroissement de la hauteur de la marée. Manuel canadien des marées

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Les mascarets

Quelquefois, le front de la marée montante se propage vers l’amont d’un fleuve sous forme de mascaret : il se forme comme un mur d’eau bouillonnant ressemblant à une lame qui déferle sur une plage (Fig. 1).

Formation d’un mascaret
Fig. 1. Formation d’un mascaret

Pour qu’il y ait mascaret, il faut qu’il y ait une grosse marée montante à l’embouchure du fleuve, quelques bancs de sable ou autres obstacles à l’entrée pour freiner la marée, et un fleuve peu profond avec un lit légèrement incliné. En bref, l’eau ne peut pas s’étaler uniformément dans la vaste zone intérieure peu profonde assez rapidement pour absorber la montée rapide à l’embouchure. Les frottements à la base du front qui avance et la résistance offerte par la dernière partie du courant de jusant qui se retire encore du fleuve foncent la partie supérieure du front à basculer vers l’avant, donnant ainsi au mascaret l’apparence d’une cascade qui se déplace.

Mascaret sur la rivière Petitcodiac à Moncton (Nouveau-Brunswick)
Fig. 2. Mascaret sur la rivière Petitcodiac à Moncton (Nouveau-Brunswick)
(Photo de D.G. Mitchell, Service hydrographique du Canada, 1960)

Mascaret sur la rivière Salmon près de Truro (Nouvelle-Écosse)
Fig. 3. Mascaret sur la rivière Salmon près de Truro (Nouvelle-Écosse)
(Photo de F.G. Barber, Sciences et levés océaniques, MPO, 1982)

On peut observer des mascarets spectaculaires d’un mètre ou plus dans plusieurs fleuves et estuaires du monde. Le plus connu au Canada est celui du fleuve Petitcodiac, près de Moncton au Nouveau-Brunswick (Fig. 2), mais il en existe un autre dans le fleuve Shubenacadie en Nouvelle-Écosse et un dans le fleuve Salmon, près de Truro en Nouvelle-Écosse (Fig.3), tous trois ayant pour origine les importantes marées dans la baie de Fundy. Ils sont impressionnants (environ 1 mètre) seulement au moment des plus grandes marées mensuelles; pendant les plus faibles marées, ils peuvent n’être qu’une grosse ride. Manuel canadien des marées

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Les chutes réversibles

Les chutes réversibles près de l’embouchure de la rivière Saint-Jean, à Saint John (N.-B.) sont aussi dues aux grandes marées dans la baie de Fundy et à la configuration du fleuve. Une gorge étroite, à Saint John, sépare le port d’un large bassin intérieur. Lorsque la marée monte très rapidement à l’extérieur, l’eau ne peut pas passer assez rapidement dans la gorge pour élever le niveau du bassin intérieur à la même vitesse. L’eau s’engouffre dans la gorge, dévalant de plusieurs mètres sur la longueur de la gorge. Lorsque la marée descend très rapidement, la situation est inversée, et l’eau se précipite dans la direction opposée, dans la gorge, tombant encore de plusieurs mètres. Deux fois durant chaque cycle de marée, lorsque les niveaux d’eau sont identiques, à l’extérieur et à l’intérieur, l’eau dans la gorge est calme et navigable (étale des courants associés à la marée haute ou fin du flot). Au moment de l’écoulement maximum, la surface de l’eau dans la gorge est violemment agitée et l’écoulement est trop rapide et trop turbulent pour permettre la navigation. Manuel canadien des marées

Les chutes à renversement périodique à Saint John (N.-B.)
Fig. 4. Les chutes à renversement périodique à Saint John (N.-B.)
à l’embouchure de la rivière Saint-Jean.
(Photo du haut par Lockwood Survey, Photothèque de l’ONF, 1966;
photos du bas par D.G. Mitchell, Service hydrographique du Canada, 1963.)

La photo du haut est une vue aérienne à l’étale de courant, qui montre le bassin intérieur, le port extérieur et le pont franchissant la gorge qui les sépare. La photo en bas à gauche montre la pénétration des eaux par la gorge à marée haute (7,6 m au-dessus du zéro des cartes au moment de la photo). La photo en bas à droite montre la sortie des eaux par la gorge à marée basse (0,9 m au-dessus du zéro des cartes au moment de la photo). Les niveaux de pleine mer et de basse mer extrêmes enregistrés à Saint John sont de 9 et -0.4 m respectivement, au-dessus du zéro des cartes, et les débits auraient été alors plus forts. Manuel canadien des marées

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Les rides de marée (raz de courant)

Une ride de marée ou un raz de courant est une zone de déferlement de vagues ou de violente agitation superficielle qui peut se produire à certains moments de la marée en présence d’un fort écoulement de marée. Ces phénomènes peuvent être provoqués par un écoulement rapide sur un fond irrégulier, par la conjonction de deux écoulements opposés ou par l’accumulation de vagues ou de houle contre un écoulement de marée de direction opposée. Lorsque des ondes se déplacent à contre-courant, la forme et l’énergie de l’onde sont comprimées dans une longueur d’onde plus courte, ce qui rend les vagues plus grosses et plus abruptes. Si le courant est assez fort, les vagues peuvent devenir suffisamment abruptes pour se briser et dissiper leur énergie dans une mer en furie. Manuel canadien des marées

Révisé le : 2008-09-15 haut de la page